Le groupe alsacien Schmidt Groupe est en train de révolutionner son secteur avec une transformation digitale très ambitieuse. Dans le même temps, sa présidente, Anne Leitzgen, montre qu’on peut concilier robotisation, bienveillance, confiance agilité et plaisir au travail.

Voici un exemple qui montre qu’un(e) entrepreneur(e) peut être un(e) entreprenant(e) en ayant une vision sociale ou sociétale de son rôle (point 2 du manifeste)

Schmidt Groupe, référence de modernité

Schmidt Groupe est souvent cité pour montrer que l’on peut miser en France sur la numérisation et l’automatisation. Il faut dire que sa transformation est impressionnante. Dès 2004, il a décidé de passer de l’aménagement de la cuisine à l’aménagement global (salles de bains, placards, etc), et de tout fabriquer sur mesure. Cela supposait de traiter un grand nombre d’informations (aujourd’hui cinq millions chaque jour) pour que toutes les pièces arrivent au bon moment.

Ce n’était possible qu’avec le numérique. Une commande standard peut être aujourd’hui réalisée presque sans intervention de l’homme, et il faut douze heures pour produire une cuisine contre sept jours autrefois. La digitalisation englobe toutes les activités, de la vente à la livraison. Ainsi, le vendeur crée, virtuellement, l’équipement avec le client et la commande est livrée en dix jours. L’objectif est d’atteindre une qualité de 100 %. Un système digital en avance par rapport aux concurrents a été patiemment mis au point, avec pour ambition de faire de Schmidt Groupe la marque préférée des Européens d’ici 2025.

Leader français au chiffre d’affaires de 500 millions d’euros, il est très présent en Europe où son réseau commercial indépendant génère un chiffre d’affaires de 1,5 milliard d’euros. Il a lancé en 2014 une joint-venture en Chine, où il gère un site industriel près de Canton et 700 magasins.

Se transformer tous ensemble

Anne Leitzgen avait pour objectif de mener la transformation en gardant tout le personnel, selon la philosophie de son entreprise familiale. Les ouvriers sont devenus des opérateurs et des pilotes d’installations complexes, au prix d’un très fort investissement dans la form

ation professionnelle, avec des dispositifs d’apprentissage et de tutorat. Elle a ainsi évité la délocalisation et a même augmenté ses effectifs, en recrutant des profils plus qualifiés. Les vendeurs et les distributeurs sont de même associés à une vraie révolution dans la manière de gérer les relations durables avec les clients.

Pour un plaisir au travail

Quand elle a lancé, il y a dix ans, l’idée qu’il fallait favoriser le plaisir au travail, on a dû penser « voilà bien une idée de femme !» On lui a en tout cas fait remarquer : « L’industrie n’est pas un monde de bisounours !» Pourtant, l’entreprise a patiemment travaillé à développer cinq attitudes concourant au plaisir de travailler ensemble au service de la performance : la bienveillance, la responsabilité, la coopération, la confiance et l’agilité. L’idée a fait son chemin et beaucoup admettent maintenant que le plaisir est le moteur principal qui les anime.

Anne Leitzgen montre ainsi qu’on peut concilier automatisation, efficacité, considération et plaisir.

Le compte rendu de la séance de l’École de Paris permet de saisir la cohérence, l’imagination et la persévérance mises au service de ce projet. Voir Voir https://www.ecole.org/fr/seance/1195-automatiser-en-renforcant-le-role-de-l-homme

On trouvera le texte dans la liste du jardin à la rubrique 4 : Ils engendrent des renaissances

 


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